Approcher la médecine légale revient à ouvrir un polar, à se lover dans un canapé devant une série américaine ou à se plonger avec délices dans les histoires de chasse d'un médecin légiste en pré-retraite et en manque à venir d'adrénaline. Cette médecine légale existe. Elle est historiquement première puisque la mort et particulièrement la mort infligée en dehors des exceptions concédées par la loi, a interrogé la médecine. Ainsi, comme le rapporte Sénèque, le médecin militaire Antistius fut-il appelé près du corps de César afin de dire lequel, parmi les nombreux coups reçus, avait entrainé la mort. Au cours des siècles, les questions de droit ont évolué et la médecine, parallèlement, a grandi en compétences. Aujourd'hui, les questions de droit peuvent intéresser la cause de la mort mais autant la constatation des lésions secondaires à une agression et leur compatibilité avec les dires de l'auteur ou de la prétendue victime, les séquelles d'un traumatisme dont l'auteur responsable sera tenu à indemnisation ou encore l'état psychique d'un suspect etc... La médecine légale existe dès lors que le droit interroge la médecine. On comprend donc que chaque nouvelle question de droit repousse les limites de la médecine et que l'acception strictement cadavérique s'éloigne d'autant.