Situées au large des côtes bretonnes et normandes, les îles de Jersey, Guernesey, Sercq, Aurigny et Herm doivent aux vicissitudes de l’histoire médiévale, de bénéficier d’un statut juridique particulier. Faisant partie du territoire concédé aux envahisseurs scandinaves au Xème siècle par une monarchie carolingienne incapable de défendre le royaume, elles intègrent politiquement la monarchie britannique après la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, 7ème Duc de Normandie. Contrairement à cette province, redevenue définitivement française à la fin de la Guerre de Cent Ans, la cession en toute souveraineté des « îles normandes » à l’Angleterre en 1217, officialisée par le Roi Philippe Auguste, ne sera jamais remise en cause. Encore aujourd’hui, les « îles anglo-normandes » ont le statut quasi-féodal de « dépendance directe de la Couronne d’Angleterre », et ne font partie ni du Royaume-Uni, ni du Commonwealth. En conséquence, elles jouissent d’une organisation institutionnelle et d’un Droit spécifiques, qui trouvent leurs fondements dans L’Ancienne Coutume de Normandie, rédigée à la fin du XIIème siècle. Si ce Droit coutumier connait un net recul à Jersey après la Seconde Guerre Mondiale, il se maintient davantage dans le bailliage de Guernesey, tout spécialement à l’île de Sercq, où certaines dispositions ancestrales sont toujours en vigueur. Symbole de résistance à un alignement excessif du Droit insulaire sur la Common Law, la procédure de « clameur de haro » connait même actuellement un regain de faveur, étant reconnue par l’ONU comme un instrument de défense des Droits de l’Homme.